Serge BRET-MOREL

L’ASTROLOGIE face à ELLE-MEME

PROLOGUE à une RENOVATION de la CRITIQUE de l’ASTROLOGIE

 

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Le silence des medias

 

La presse se montre en général assez indifférente aux articles que l’on propose sur une analyse critique de l’astrologie. Et ce, que l’on se présente comme pur critique, comme amateur d’astrologie ou comme membre du bureau d’une association d’astrologues. Autrement dit, même l’aspect critique présenté sans cynisme n’intéresse pas les médias, qu’ils publient déjà des horoscopes ou non. Certains nous répondent même qu’ils ne voient pas l’intérêt de montrer les erreurs ou les errances de l’astrologie, car chacun sait que c’est n’importe quoi ! Pourtant, décortiquer les mécanismes de la croyance, d’autant plus sous l’angle technique, permettrait de donner l’opportunité à certains de prendre un peu de recul de façon pragmatique sur leur croyance. Mais aussi de donner de nouvelles défenses au client fragile ou… à la critique. Mais cela ne semble pas faire partie de la vocation des médias… Doit-on s’étonner alors du panorama astrologique dans les médias sachant que seules les prédictions astrologiques sont publiées et (rarement) quelques textes critiques provenant du côté sceptique ? Les médias oseraient-ils dire qu’ils sont objectifs sur ce point quand ils ne prennent même pas le temps d’accuser réception de nos textes critiques et pourtant jamais cyniques ou insultants ???

Nous nous demandons donc s’il n’est pas « politiquement incorrect » de chercher à comprendre ce qui se passe dans l’esprit du praticien astrologue… Chercher à comprendre, est-ce prendre le risque d’être contaminé et de finir par défendre la croyance ??? Mais l’astrologie est-elle un virus ? Que l’image soit parlante certes, mais qu’elle soit prise à la lettre, non ! Il semble qu’il faut absolument éviter la question astrologique, sinon pour publier l’horoscope du jour ou les prédictions pour l’année, ou à la rigueur, les commentaires d’un sceptique répétant des propos critiques que l’on connaissait déjà. Tout autre contenu serait suspect du moment qu’il est un peu élaboré : y a-t-il une secte derrière l’astrologie ??? Penser une croyance est-ce suspect dès que l’on n’a pas l’étiquette rassurante de l’Université ?

 

De plus en plus nous sommes amenés à nous dire que le problème premier des médias est qu’ils ne savent pas quel SPECIALISTE de l’astrologie contacter… Le journaliste aime à assurer ses textes de l’autorité des diplômes ou de la fonction de son interlocuteur, or sur astrologie… il n’y a rien de tel ! Pas de spécialiste à l’université, seulement quelques astrophysiciens « légitimement » interviewables et qui se sont (« naturellement ») intéressés au sujet de par leur discipline, ou d’autres universitaires ayant passé un peu de temps sur le sujet. Mais qui « travaille » sur la question astrologique (pas « sur l’astrologie » à proprement parler…) à l’université ? Personne. Même les sociologues spécialistes de la question des croyances ne maîtrisent pas la spécificité astrologique, à savoir la question technique de son outil d’interprétation. Il en est de même parfois pour les historiens.

Et du point de vue des astrologues ? C’est toujours la même question : qu’est-ce qu’un « bon astrologue » ou mieux, un astrologue ayant un peu de recul sur sa discipline ? Question toujours sans réponse, d’où le repli des journalistes sur les rédacteurs d’horoscopes les plus connus du moment (la notoriété fera office d’autorité…). De plus, l’aspect didactique de l’astrologie étant quasi-nul sur les questions théoriques vraiment gênantes (présentes sur ce site par exemple, ce en quoi il est novateur) peu d’astrologues sont aptes à proposer des commentaires véritablement autocritiques sur leur discipline ou même réagir rigoureusement à la critique. Sinon en cherchant à expliquer que les problèmes qu’elle pose ont « sûrement » déjà été résolus par « les Anciens » ou « probablement » réglés par une sorte de sélection naturelle découlant de la longévité de l’astrologie (ce que nous dénoncerons sur ce site)… Mais du point de vue de l’interview, cela ne peut jamais aller très loin et ressemble toujours à la défense de la croyance face à la raison.

Les journalistes sont conscients des limites du praticien immergé dans sa croyance, des limites du sceptique militant immergé souvent dans son idéologie, des limites du scientifique mettant de côté en général les questions de l’intérêt pratique de l’astrologie (dans le cadre du développement personnel par exemple…) au profit des questions des fondements et des expérimentations. Finalement les journalistes ne savent plus trop quoi faire avec cette très dérangeante astrologie… sinon ajouter quelques nouvelles critiques par-ci par-là.

Un exemple : nous avons proposé à rmc.fr une réaction à un papier donnant purement et simplement la parole à un astrologue boursier, pas de réponse. On a alors seulement signalé dans les commentaires de cette page l’existence de notre article critique Crise boursière : et si l’astrologie… n’y était pour rien ?, tout a été effacé sans justification. Quand nous avons publié l’article en question dans les commentaires, même réaction. Pourquoi ? Copinage entre le journaliste et l’astrologue ou peur de la critique ? Comment le savoir puisque l’on se heurte au mur du silence ??? Mais comment ne pas parler ici de CENSURE ? Pas besoin d’ailleurs, de tomber dans la théorie du complot ou du syndrome de Galilée, nous ne faisons que constater qu’il n’a pas été possible de faire connaître notre désaccord ni d’obtenir la moindre réponse malgré un contact cordial. D’où la question du lien « réagir » de ce site : on devrait préciser que les conditions d’utilisations y sont très particulières...

Il faut signaler qu’il en a été de même sur le forum de France-Info Finance, suppression sans justification ni contact. De même, sur la vingtaine de magasines de la presse écrite auxquels nous avons transmis une version courte de notre article critique sur l’astrologie boursière, seuls 2 ont eu la politesse de nous informer de leur refus (dont nous avons pris acte sans crier au scandale) : que conclure du silence de tous les autres ? Que coûte un mail de deux lignes comme les 2 réponses que nous avons eues (nous avions même inséré des enveloppes timbrées dans nos courriers pour éviter tout obstacle à la réponse…) ?

Et comment s’étonner aussi de ce texte Des astrologues prévisibles paru sur le site Charlatans.info ? Si dans le fond il n’est pas totalement faux, il n’y a aucun caractère explicatif dans cet article, contrairement à notre article. La question technique permet de rendre compte de certaines pratiques astrologiques et de leurs dérives, voire de certains résultats positifs : n’est-ce pas ce que l’on est en droit d’attendre d’une approche se voulant rationnelle ? Pire, ils n’envisagent même pas qu’un article critique puisse naître un jour de la plume d’un astrologue ou de quelqu’un en contact avec le monde de l’astrologie. Avec humour, on pourra remarquer qu’ils n’ont pas réussi sur ce point à prévoir la publication de notre article critique (tout juste une semaine après-eux fin octobre 2008, nous n’en avons eu connaissance que début 2009)… Mais combien d’articles critiques et autocritiques sur l’astrologie ont été envoyés à la presse sans qu’elle n’en fasse écho ?

 

Nous reviendrons longuement sur la question de ce que j’ai appelé le prisme médiatique de l’astrologie : comment et pourquoi l’astrologie est-elle dans un état si déplorable dans les médias ? Le silence des médias à nos articles critiques ne constitue qu’une facette de ce prisme, mais est assez révélateur. Si encore nous militions pour l’emprisonnement des astrologues ou le retour de l’astrologie à l’Université ou au gouvernement, on pourrait comprendre ce silence, mais là...

Serge BRET-MOREL
le 9 janvier 2009