Serge BRET-MOREL

L’ASTROLOGIE face à ELLE-MEME

PROLOGUE à une RENOVATION de la CRITIQUE de l’ASTROLOGIE

 

Rationalis

 

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Quelques questions gênantes
posées au monde sceptique
par un autre critique

 

Pourquoi la critique sceptique considère-t-elle l’astrologie comme simpliste alors qu’elle consiste en la manipulation d’un outil technique hypercomplexe (des dizaines voire des centaines de configurations en permanence à organiser) qui dépasse les capacités du cerveau de son utilisateur ?

En quoi la simplicité des horoscopes de presse n’est-elle pas alors, à l’image de la complexité de la pratique astrologique en général ?

En quoi la critique des horoscopes peut-elle alors engager toute l’astrologie ?

Puisque la plupart des outils techniques de l’astrologie ont été regroupés en système après (voire bien après et contrairement à ce que l’on entend souvent dans le monde astrologique) la découverte du phénomène de précession des équinoxes par Hipparque, pourquoi demander aux astrologues de « revenir » aux constellations ??? La question des symboles astrologiques n’est pas celle de l’outil technique… Le critique ne se rend-il pas compte que pertinente sur le plan des symboles (quand ils renvoient à des constellations qui ne sont plus utilisées, pourquoi les conserver ?), cette problématique est contradictoire et erronée sur le plan technique ? Après 2.000 ans de pratique technique dans les signes du zodiaque censée fonder l’astrologie contemporaine, il est en effet absurde de demander un retour en arrière sans le justifier sur le plan technique. Comment s’étonner ensuite que cet argument de mauvaise foi, ou cette « erreur théorique » si l’on préfère, reste sans écho ?

La régularité du mouvement des planètes n’est établie que tardivement, vers le milieu du 1er millénaire av. JC : impossible de prévoir leur retour auparavant ! Pouvez-vous imaginer l’astrologie sans prévisions datées ? C’est l’une des problématiques de mon article Sur les origines de l’astrologie : présages et prévisions. L’une des différences à remarquer aussi, entre divination astrale et astrologie : l’exigence calculatoire n’y est pas la même ! L’idée d’un agencement du Cosmos dont les mathématiques peuvent rendre compte en partie au moins, non plus…

Pourquoi les sceptiques sont-ils eux aussi victimes du mythe des origines de l’astrologie répandu dans la communauté astrologique (voir notre article Faut-il rénover la critique de l’astrologie ?) ? L’astrologie telle que la pratiquent les astrologues occidentaux ne remonte certainement pas à la nuit des temps…

Puisque l’astrologie n’est pas une science, en quoi la critiquer comme telle pourrait-il permettre d’en faire le tour ??? L’astrologie n’est-elle pas plus proche d’un savoir-faire ? La pratique étant au cœur de la croyance astrologique, comment espérer toucher l’astrologue et le grand-public par le biais d’une critique en amont (fondements) et d’une critique en aval (résultats statistiques) ? En évitant les questionnements qui font justement la satisfaction du client et de l’astrologue (les « biais » sceptiques ont une valeur générale sans être toujours applicables au cas particulier), n’est-on pas condamné à une certaine caricature savante ?

Finalement, l’inefficacité de la critique sceptique est-elle vraiment due SEULEMENT à l’irrationalité des astrologues et des croyances en général ??? N’est-ce pas là une forme d’argument irréfutable ?

Pourquoi n’existe-t-il AUCUN universitaire spécialisé dans l’étude critique de la croyance astrologique et de ses volets superstitieux alors qu’il en existe sur des sujets beaucoup moins médiatiques ? Est-ce vraiment acceptable d’un point de vue citoyen ? L’Université peut-elle vraiment rester neutre sur cette question !?

Pourquoi par exemple, le sceptique est-il si novice sur le plan de la maîtrise de la technique astrologique alors qu’elle est si importante dans le cadre de la pratique de l’astrologie ? N’est-il pas condamné à rester superficiel ? A ne saisir que quelques problématiques astrologiques parmi d’autres ? Pire : à créer de toutes pièces certaines problématiques ?

Que souhaite-t-on tester sur le plan expérimental ? Un potentiel phénomène astrologique nécessairement mal évalué par des astrologues non scientifiques, ou bien une sorte de prédestination astrale (tradition astrologique) ? Autrement dit, souhaite-t-on démontrer l’échec de la modélisation d’un potentiel phénomène astrologique ou bien la nature superstitieuse des affirmations des astrologues ? La première assertion nécessite un modèle causal et relève véritablement d’une démarche scientifique, la seconde non. Au contraire même… elle relève plutôt de la médiatisation des acteurs ou d’une idéologie.

 

Or, quel modèle physique ou causal de l’astrologie teste-t-on vraiment sur le plan expérimental ? Aucun ? Quelle est donc la portée réelle de ces expérimentations ?

Si l’outil technique des astrologues (signes, maisons, orbes astrologiques) structure et biaise leurs pratiques, en quoi l’expérimentation sur l’astrologie échapperait-elle a priori à ces biais si elle ne les a pas répertoriés au préalable ?

La critique sceptique serait-elle une approche causale de l’astrologie non assumée ???

Pourquoi la critique sceptique, à l’image de ce qu’elle reproche aux astrologues, fait-elle la sourde oreille à la critique de la critique ? Y a-t-il des tabous dans la critique sceptique ?

Si l’astrologie marche si bien (même pour raisons de biais techniques ou de validation subjective), pourquoi éviter de chercher ce en quoi elle pourrait être utile hors prédictions et fondements métaphysiques (sur le plan de la connaissance de soi par exemple) au lieu de toujours demander son rejet intégral ?

Ainsi, les nombreux abus de l’astrologie ou ceux faits en son nom (instrumentalisation) suffisent-ils pour condamner définitivement l’astrologie d’une part, mais pire, condamner tout travail un peu élaboré portant sur l’astrologie ?

Serge BRET-MOREL
le 26 décembre 2008