Serge BRET-MOREL

L’ASTROLOGIE face à ELLE-MEME

PROLOGUE à une RENOVATION de la CRITIQUE de l’ASTROLOGIE

 

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Le Prisme médiatique La critique des Zoroscopes

 

Il est important, pour prendre un peu de recul sur la question astrologique, de bien voir en quoi l’astrologie telle qu’elle est présentée et discutée dans les médias, c’est à dire en public, n’est pas et ne peut pas être toujours à l’image de ce qu’elle est au quotidien pour l’astrologue. Autrement dit pourquoi celui qui prend le temps d’approfondir l’astrologie en la pratiquant un minimum se fait un avis sur la question en général bien différent de ce que l’on peut retirer des textes et discours trouvés ici et là. Seulement, « pratiquer l’astrologie » ne signifie pas nécessairement tenter des prédictions astrologiques, mais plutôt tenter de construire des correspondances symboliques entre le réel et les cartes du ciel astrologique, par exemple dans le domaine de la personnalité. Non pas que la critique ou les débats sur l’astrologie soient irrecevables, c’est un peu plus complexe que cela, mais qu’il faut être conscient de certains problèmes présents aux sources mêmes de la croyance astrologique, de la pratique de l’astrologie, de l’organisation de la communauté astrologique, voire de la critique, qui n’apparaissent pas dans le traitement médiatique de la question astrologique. Nous essayons de montrer sur ce site que la question astrologique est bien plus complexe qu’elle n’y paraît, ce pourquoi il est frustrant pour nous de voir comment elle est traitée en général ici et là. Nous demanderons donc pourquoi ni les astrologues, ni les sceptiques, et donc ceux qui donnent la parole à ces acteurs (journalistes, animateurs et éditeurs essentiellement) ne se doutent vraiment, sauf exception, de cette complexité. Complexité faisant que les débats occasionnés resteront nécessairement déformants tant que l’on n’aura pas un peu mieux exploré rigoureusement le quotidien de l’astrologue. Nous donnerons un petit aperçu de cela dans la catégorie Astrologica en insistant sur quelques biais que génèrent nécessairement la complexité de la technique astrologique et celle de son symbolisme.

Cette complexité ne sauve pas l’astrologie, loin de là… mais si les critiques ont effectivement mit le doigt sur un nombre bien suffisant de points pour invalider l’astrologie traditionnelle sur le plan scientifique, bien des détracteurs continuent de réclamer le statut de science pour l’astrologie sans envisager aucune concession… Il n’empêche que les poncifs du débat sont toujours présents, comme en témoigne la dernière émission télévisée en date, à savoir C dans l’air... et dans les astres diffusée sur France 5 le 31 décembre 2008 en début de soirée. Comme nous le craignions, bien des réponses aux questions posées sont restées superficielles. Les organisateurs de l’émission avaient du sélectionner leurs invités sur le critère premier : ne pas faire trop de vagues, rester entre personnes civilisées, voire éviter les sujets qui fâchent. Mais le revers de la médaille d’une telle approche est que personne n’est vraiment poussé dans ses retranchements, donc que l’on n’aborde pas vraiment les questions de fond : on se contente de répondre dans les grandes lignes, voire caricaturalement. On plaint d’ailleurs le présentateur absolument dépassé par la question astrologique. Nous allons proposer un long commentaire sur le contenu de cette émission de 1h08 minutes dont le fichier vidéo est téléchargeable ici si le lien donné plus haut ne fonctionnait plus. Nous formulerons quelques observations et questions que l’on aurait bien voulu voir développées… mais qui manifestement étaient peut-être dans l’air ou dans les astres…. mais pas sur le plateau TV !

Nous découvrons une autre émission consacrée au paranormal le 21 décembre dernier (2008), L’objet du scandale, France 2. Le fichier d’origine se trouve ici. Au visionnage des 1ères secondes cela commence mal avec un amalgame d’entrée entre divination, voyance et astrologie, ce qui semble annoncer bien des contresens... et un tout autre ton que celui de l’émission précédente. En tout cas, elle a été appréciée chez les sceptiques comme en témoignent ces billets des blogs Doutes à gogo et Scepticisme scientifique. Nous espérons pouvoir commenter bientôt cette émission.

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Comme l’indiquent les deux principaux liens de cette catégorie Mediatica, nous allons axer ici nos réflexions sur la question des omniprésents horoscopes et autres prévisions collectives qui nuisent tant à l’astrologie en nourrissant légitimement la critique et en jouant le rôle d’aimant pour les esprits les plus superstitieux. Mais nous nous interrogerons aussi, parallèlement à la critique des horoscopes, sur ce que l’on peut concevoir comme un prisme médiatique de l’astrologie, c’est à dire ce en quoi la croyance et les médias ne permettent pas les conditions d’une étude critique comme celle que nous tentons de développer ici à partir des désacralisations tant de l’outil astrologique que de la critique.

Les horoscopes quotidiens et autres prédictions-prévisions collectives font bien sûr un grand tort à l’astrologie, entretenant l’amalgame avec la voyance à travers la question d’un futur prévisible sans causalité, décryptable par des méthodes ultra-simplistes à l’opposé des nuances traditionnelles, et déjà écrit au moins en partie. L’astrologue peut en effet déjà établir votre horoscope du 24 novembre 2027 en présupposant seulement que vous serez encore en vie… C’est pourquoi nous présenterons un vieux texte (2003) revu et corrigé, de plusieurs dizaines de pages sur une critique de ces fameux horoscopes. Il permettra je l’espère, la remise en question de quelques idées reçues (tant astrologiques que critiques) à leur sujet. Il permettra aussi peut-être, de poser quelques questions gênantes aux médias qui rendent publiques bien des inepties sans aucune garantie déontologique. Nous montrerons que ces horoscopes ne font pas partie de « la tradition astrologique » (ils sont très récents), qu’ils sont en cela un détournement (pour ne pas dire une instrumentalisation) de l’astrologie traditionnelle à des fins mercantiles ou pire (?), superstitieuses. Nous montrerons aussi en quoi ils sont contradictoires et même souvent irrecevables sur le plan purement technique (donc sur le plan astrologique), et donc sur le plan déontologique. Nous montrerons enfin comment ils sont le parfait exemple de ce que peut être l’astrologie en tant que simple pensée créatrice déconnectée de toute réalité (ce en quoi par exemple, la question de la consultation astrologique doit être traitée différemment). Nous nous interrogerons aussi sur les raisons naturelles de leur succès, c’est à dire ce en quoi l’astrologie n’y est pas pour grand-chose… ce pourquoi il n’est pas si évident de l’attaquer directement par le biais des horoscopes.

Mais d’autres raisons participent à la pollution des débats sur l’astrologie. L’absence de formation de haut niveau du professionnel de l’astrologie (voir pour cela la catégorie Astrologica), l’absence de discussions approfondies et de publications régulières de références (ce qui en découle), l’utilisation non désacralisée des techniques, le diktat du sens, etc. Chez les sceptiques, la critique traditionnelle est marquée par l’inaccessible pratique de l’astrologie due au manque de familiarité avec l’outil astrologique. Nous rendrons donc compte de la prépondérance des questions des fondements et des expérimentations au détriment du quotidien de la pratique astrologique par une forme d’aveu d’impuissance sceptique… La volonté de ne pas tirer les conséquences innovantes de leurs critiques (comme nous le ferons), sera une autre composante de ce prisme médiatique que nous aimerions déconstruire afin de renouveler en quelques sortes le sujet.

 

C’est pourquoi nous pensons que les journalistes ne devraient pas toujours suivre les critiques en focalisant sur des points de détail comme les horoscopes justement. Ou la question de la précession des équinoxes. A moins d’insister surtout sur la question du mythe des origines de l’astrologie, donc d’un dogmatisme de symboles astrologiques contraignant l’astrologue plus qu’ils ne l’éclairent vraiment sur la réalité des choses (nous avons développé ce point dans le cadre d’une approche causale de l’astrologie dans le bulletin de la FDAF, repris en partie ici). Il n’est pas naturel de dériver trop vite vers les problématiques tirées de constellations AUXQUELLES L’ASTROLOGIE OCCIDENTALE NE SE REFERE PLUS DEPUIS BELLE LURETTE…

De même pour cette impression de géocentrisme qui se dégage de l’astrologie et de ses fondements sans bien distinguer entre géocentrisme et anthropocentrisme… aucun astrologue ne nie l’héliocentrisme.

Ou encore que l’astrologie n’est pas une science : le démontrer et le redémontrer échoue auprès du grand-public alors que la présenter en tant que simple savoir-faire (qui permet des réussites pratiques) pourrait désacraliser sa représentation par le public. Il ne faut pas s’étonner que l’astrologie et son public soient en quelque sorte indifférents à cette accusation de n’être pas une science puisque derrière l’accusation apparaît le rejet pur et simple de l’astrologie. Par contre, la cloîtrer dans la catégorie du savoir-faire lui ferait perdre un peu plus de son aura divinatoire (on pourra alimenter cela à partir de notre catégorie Astrologica). Mais obligerait aussi à y chercher de l’intérêt… Shocking !? Non, juste une autre stratégie plus proche de la réalité du quotidien de l’astrologue et de son client.

 

Mais tout cela nécessite une grande familiarité avec l’astrologie et ses pratiques, autre point clé du « prisme médiatique » de l’astrologie : le sceptique en général, se perd dans le jargon astrologique et ne peut lutter contre l’astrologue sur son propre terrain. Tant que personne ne travaillera quotidiennement sur le sujet, il ne faudra pas s’étonner de certains enlisements des débats... à bon entendeur !

Serge BRET-MOREL
le 9 janvier 2009