Serge BRET-MOREL

L’ASTROLOGIE face à ELLE-MEME

PROLOGUE à une RENOVATION de la CRITIQUE de l’ASTROLOGIE

 

Historia

 

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Le chaos des phénomènes astronomiques

 

Mais que voit-on vraiment dans le ciel sans télescope ni modèle mathématique pour nous représenter l’état réel du système solaire ? Des points brillants qui sembleraient, au fil des jours, se déplacer invariablement sur la voûte céleste ? Et bien pas vraiment, non... Car il ne faut pas confondre mouvement apparent et mouvement réel d’une part, mouvement apparent et « changements de position » sur la voûte céleste d’autre part. On pourrait croire qu’il est aisé de rendre compte de l’état du ciel nocturne et de ses changements à l’aide de quelques calculs élémentaires (sentiment que peut donner la vulgarisation de l’histoire de l’Astronomie), mais si tel était le cas, on imagine bien que les hommes auraient pu rendre compte des phénomènes astronomiques visibles à l’œil nu depuis bien longtemps et bien plus rapidement que ne le laisse apparaître l’histoire de l’Astronomie ! Les observateurs du ciel ont du prendre la mesure de phénomènes très complexes et remettre en question bien des évidences du bon sens pour en arriver où ils en sont aujourd’hui. C’est pourquoi nous aimerions décrire ici ce que l’on peut voir à l’œil nu sur la voûte céleste d’un ciel nocturne, non de façon purement didactique, mais bien au contraire en montrant les difficultés que présente l’observation empirique du ciel sans les connaissances dont nous disposons aujourd’hui. Un hommage en quelques sortes à ces hommes qui durant des milliers d’années se sont acharnés à tenter de comprendre et rendre compte de phénomènes célestes bien étranges…

 

Mouvement réel et mouvement apparent

La rotation de la Terre sur elle-même fait que d’une heure à l’autre on a le sentiment (empirique) d’un ciel nocturne « tournant » autour de nous. Tous les astres paraissent être « en mouvement permanent » puisque nous, nous ne nous sentons pas tourner. Ce n’est pourtant qu’une apparence, mais elle constituera en son temps un argument fort contre Copernic et l’héliocentrisme en général. Avec un peu plus d’attention, on peut se rendre compte aussi que les mouvements quotidiens des astres semblent se faire circulairement autour d’un point de la voûte céleste proche de l’étoile que l’on appelle pour cette raison « polaire ». En fait le centre apparent des rotations se trouve au voisinage seulement de la position de l’étoile en question. La rotation de la Terre sur elle-même a donc brouillé les cartes dès la nuit des temps : les hommes ont longtemps tenté de rendre compte de ce mouvement imaginaire. Il est quotidien, global et constant, les planètes et les étoiles ne s’éloignent pas les unes des autres sur de si petites périodes, elles paraissent donc naturellement « fixées » à quelque chose qui tourne…

Pourtant, premier problème, d’un jour à l’autre pour la Lune ou d’une semaine à l’autre pour certaines planètes, on peut constater des changements de position par rapport aux étoiles qui elles, restent fixes. Les planètes, la Lune, et le Soleil sont donc dotés d’un mouvement propre qui permit aux premiers observateurs de les distinguer des étoiles fixes. Nous savons aujourd’hui que la rotation apparentes des astres en 24h est un mouvement apparent, et que les variations de position par rapport aux étoiles fixes révèlent des mouvements bien réels, mais ce n’est qu’assez récemment que l’on est arrivé à cette conclusion. Car les mouvements des planètes vis à vis des fixes dépend aussi du mouvement annuel de la Terre autour du Soleil. Au 16ème siècle Copernic l’affirmera, mais c’est surtout au 17ème siècle qu’on le démontrera : Kepler par la supériorité de ses éphémérides, puis Newton par ses démonstrations mathématiques et physiques.

Mouvement apparent et changements de positions

On serait tenté de penser qu’il suffit d’observer « régulièrement » le ciel de nuit pour comprendre très vite que ces « petits » changements de positions parmi les fixes constituent progressivement des trajectoires continues, donc révèlent des mouvements réels eux-mêmes continus. Cela n’a pourtant rien de naturel. En effet, jusque vers le milieu du 1er millénaire av. JC par exemple, les premiers grands observateurs du ciel qu’étaient les Mésopotamiens, pensaient encore que les mouvements des planètes reflétaient ou exprimaient directement la volonté des dieux. Ceux-ci se manifestaient donc en rapport avec les événements terrestres, mais pas forcément pour les annoncer au sens propre du terme. Si les mouvements des planètes avaient été conçus comme à la fois réguliers et continus, alors de cette interprétation des choses aurait découlé la fatalité astrale à laquelle nous sommes accoutumés depuis longtemps. C’est pourquoi il n’est pas difficile de comprendre pourquoi vers le milieu du 1er millénaire, quand les mouvements des planètes furent vraiment mieux connus, les conceptions sur les rapports entre le Cosmos et les hommes changèrent et commencèrent à annoncer l’astrologie Grecque.

Pourquoi donc pendant des dizaines de milliers d’années, les premiers observateurs du ciel n’ont-ils pas « vu » et « compris » que les mouvements planétaires étaient si réguliers et « simples » qu’on ne le pense aujourd’hui ? C’est d’abord parce que nous ne regardons plus le ciel de manière naturelle, empirique, mais en ayant à l’esprit des notions fort simples au final, mais qui ont été très difficiles à mettre en place sur le plan conceptuel. Par exemple qu’il est moins simple de suivre les positions des astres par rapport à l’horizon plutôt que par rapport à l’écliptique, cette ligne invisible inclinée de 23° par rapport à notre équateur mais… qui change de hauteur sur l’horizon au fil de l’année…

De plus, les astres semblent peut-être « se lever » et « se coucher » chaque jour, mais on ne peut voir cela que quand ils sont du côté sombre de la Terre, donc en gros à l’opposé d’un plan orthogonal (perpendiculaire) au rayon Terre-Soleil du moment. Il en résulte que des astres restent invisibles pendant de longues périodes, ce qui ne facilite pas on le comprendra, l’idée d’un « mouvement » des astres, mais plutôt celle « de présences et d’absences » de ces astres dans le ciel. Car tant que l’on n’observe pas le ciel de nuit en continue (ce que les historiens nomment « observations systématiques »), il n’est déjà pas évident de se dire que les planètes « se déplacent » à travers les étoiles fixes. Mais en plus, dès lors que ces observations commencent, elles ne peuvent donner lieu qu’à des séries incomplètes puisque les planètes vont rester invisibles des mois entiers. Un moment elles sont ici, quelques temps après, elles sont ailleurs, et on ne sait pas quand la planète va redevenir visible.

Or, les premières observations systématiques seront réalisées par les Mésopotamiens un peu avant 1.000 avant JC pour le Soleil et la Lune, d’où plusieurs siècles plus tard (on voit la lenteur des progrès) l’apparition de la notion d’écliptique. Mais pour les planètes ces observations systématiques ne remonteraient qu’à la première moitié du 1er millénaire av. JC. Soit TRES récemment à l’échelle de l’histoire des hommes, et elles sont donc nécessairement lacunaires. On renverra encore vers la thèse de Bezza pour tout cela… Le « déplacement » apparent des planètes conçu comme uniquement continu et régulier est donc un acquis tardif dans l’histoire de l’observation du ciel. Il suffit pour s’en rendre compte de consulter le tableau des durées de cycles attribuées encore aux planètes par les Mésopotamiens vers le milieu du 1er millénaire av. JC pour voir en quoi ceux que nous connaissons ne sont pas naturels Sur l’ancienneté et la simplicité supposées des cycles astrologiques).

La pseudo simplicité des mouvements apparents des astres

Si la Terre s’arrêtait de tourner autour du Soleil et aussi sur elle-même, alors oui il serait possible (du côté sombre de la Terre donc) de voir les astres se déplacer continument et linéairement devant des étoiles réellement fixes (au mouvement du soleil dans notre Galaxie près). Jusqu’à Neptune, toutes les planètes se déplacent d’ailleurs au voisinage d’un plan que l’on nomme écliptique (celui défini par le trajet de la Terre autour du Soleil). Vues d’une Terre immobile, les planètes suivraient donc presque toutes cette ligne imaginaire, et tout serait plus simple. Mais ce n’est bien sur pas le cas, nous savons aujourd’hui que le mouvement de la Terre autour du Soleil (qui n’a été admis que très tard dans l’histoire de l’astronomie) déforme le mouvement apparent des astres sur la voûte céleste. Ceci explique la difficulté qu’ont eu les hommes à construire des modèles reproduisant la réalité des mouvements planétaires. Ce projet pourrait justement caractériser l’Astronomie, mais ce serait trop simple. Avant les Grecs on n’a pas forcément proposé de modèles en deux ou trois dimensions pour rendre compte du mouvement des astres autrement que ce que nous disent nos yeux.

Une donnée complique les observations de la voûte céleste : l’axe de rotation de la Terre sur elle-même (comme pour les toupies) n’est pas parallèle à celui du Soleil (qui lui aussi tourne sur lui-même)… Résultat ? Le plan de l’écliptique (près duquel gravitent donc les planètes) n’est pas parallèle à notre équateur. Autrement dit, les planètes ne se déplacent pas parallèlement à notre horizon comme ce serait le cas sinon, mais près de la ligne écliptique qui est inclinée de près de 23° par rapport à notre équateur. Concrètement parlant, une même planète est vue « haute » ou « basse » par rapport à l’horizon selon les périodes d’observation. Quand tous les 6 mois par exemple, la Terre se trouve de l’autre côté du Soleil. Les Mésopotamiens avaient ainsi découpé la voûte céleste en « 3 voies » parallèles à l’horizon (repérage naturel pour un observateur) lors de leurs premiers repérages astronomiques. Or, le futur Zodiaque traverse ainsi de part en part ces 3 voies, et au fil du mouvement de la Terre autour du Soleil (donc au fil de « l’année »), une planète en un même point du ciel (Saturne par exemple, qui semble à peine se déplacer en six mois), se trouve tantôt plutôt haut dans le ciel, tantôt plutôt bas, à l’inverse du Soleil en été et en hiver. Répétons-nous : ceci, bien que la planète soit au même endroit du ciel… Les positions des planètes, tant qu’elles sont repérées empiriquement, c’est à dire « comme on les voit », donc par rapport aux étoiles fixes ou à la hauteur sur l’horizon, ne présenteront pas de cycles évidents, donc de « trajectoires » simples, elles sont trop dépendantes des mouvements de la Terre. Mais l’astronomie commença naturellement comme cela.

Mais ce n’est pas tout, car la Terre tournant autour du Soleil, s’en trouve plus éloignée que les planètes Mercure et Vénus, mais plus proche que les autres planètes. Or, les mouvements des planètes étant de plus en plus lents au fur et à mesure que l’on s’éloigne du Soleil, certaines planètes semblent donc plus rapides ou plus lentes, elle ne « bougent » pas à la même vitesse. Les « mouvements » de Jupiter et Saturne ne s’observent donc pas facilement… D’un jour à l’autre pour l’observateur équipé, elles sembleraient se déplacer sur la voûte céleste, mais si imperceptiblement que l’on ne s’en rend vraiment compte qu’au bout de quelques jours ou même semaines. Comment s’en rendre compte d’ailleurs ? Grâce aux « autres » étoiles, les fixes, qui elles sont trop éloignées de nous pour faire comme les planètes (bien qu’elles aient leurs propres mouvements réels). Elles serviront donc naturellement de repères aux premiers observateurs du ciel, les planètes semblant se déplacer au sein des étoiles fixes : les mésopotamiens parleront ainsi des bergers et de leurs troupeaux.

 

Les rétrogradations

Si l’on se place maintenant sur un pôle du Soleil, les mouvements annuels de la Terre sont tels qu’elle doit sembler « rattraper » puis doubler les plus lentes qui sont plus éloignées, de même qu’elle se fait rattraper puis doubler par les planètes les plus proches (Mercure et Vénus) allant plus vite qu’elle et se déplaçant sur des trajets plus courts. Ceci vu du Soleil répétons-nous. Or, ce phénomène est aussi perceptible de la Terre : Mars allant « plus vite » que Jupiter et étant plus proche de nous, il semble à l’observateur assidu qu’elle la rattrape et la double régulièrement. Le problème, c’est que dans notre repère la Terre n’est pas fixe comme le Soleil, elle est en mouvement… Résultat, lorsque vue du Soleil la Terre « rattrape » Mars ou Jupiter ou n’importe quelle planète plus éloignée qu’elle du Soleil, nous voyons, nous qui sommes sur cette Terre en mouvement, la planète Mars ralentir puis… s’arrêter, et même… revenir en arrière ! Cette illusion d’optique (défendue notamment par Copernic puis Kepler contre les astronomies venues de l’Antiquité) est la même que celle dont nous pouvons être victimes dans un train. Ce n’est pas parce que le train d’à côté semble reculer qu’il « recule » effectivement : il va peut-être seulement moins vite que nous… il ne « revient en arrière » qu’en termes de vitesses relatives. De la même façon, certaines planètes semblent reculer sur la voûte céleste, on parle alors de « rétrogradations ». Mais ce sont là les joies de la Physique que ne maîtrisaient pas les premiers observateurs du ciel. On imagine quelle dut être la surprise de telles observations… Mais les mouvements apparents et détaillés des planètes sont encore moins simples qu’on ne pourrait le penser : du fait que les planètes ne gravitent pas dans un même plan, ces rétrogradations ne se font pas sur l’écliptique comme semblent le suggérer les logiciels d’astrologie, mais bien selon « des boucles ».

De plus, autre élément incompréhensible pour les modèles plaçant la Terre au centre du Cosmos (comme ce fut longtemps le cas) : les rétrogradations des planètes les plus lentes ne se produisent QUE lorsqu’elles sont en opposition au Soleil, mais celles des rapides Mercure et Vénus se font en permanence, la moitié du temps, et en ne s’éloignant jamais du Soleil ! D’ailleurs pendant longtemps on fut étonné de ces quatre astres qui étaient visibles uniquement le matin ou le soir, mais jamais durant toute la nuit… On ne comprit que plus tard qu’il s’agissait de Mercure et Vénus qui, toujours proches du Soleil sur la voûte céleste, ne peuvent briller en pleine nuit mais seulement juste avant ou juste après le coucher du Soleil.

Autre problème encore, des mouvements apparents des planètes : on écrit qu’ils se font « au voisinage » de l’écliptique parce qu’en fait les planètes ont tendance à passer « au-dessous » puis « au-dessus » de la ligne de l’écliptique. Or, les astronomes n’ont jamais réussi à prévoir ces variations de « latitude » (ni même Copernic ou Tycho Brahé) avant que Kepler trouve la clé du problème en plaçant le Soleil (vrai) au foyer d’une ellipse planétaire.

Et puis, nous n’avons pas encore parlé de la Lune qui elle, contredit presque tout ce que l’on vient d’écrire, mais presque tout seulement. Son mouvement apparent est le plus rapide, elle est en taille apparente à peu près aussi étendue que le Soleil (d’où les éclipses totales…), elle présente des phases (croissants), son mouvement s’éloigne de l’écliptique plus que toutes les planètes visibles et… elle ne rétrograde pas ! Tout comme le Soleil d’ailleurs…

 

Enfin, les mouvements des planètes n’étaient pas les seuls que l’on tentait de prévoir… car leurs variations de luminosité au fil de l’année intriguaient aussi. Les planètes brillent parfois plus qu’à l’habitude, notamment quand elles sont « à l’opposé » du Soleil, comment rendre compte de ce phénomène supplémentaire (et d’autres encore) ? La question de la luminosité ne put que très tôt brouiller les cartes, étant naturel de placer les planètes les plus brillantes plus proches de nous. Or, si Vénus n’est plus brillante effectivement que quand elle s’approche de la Terre, et Jupiter aussi, cette dernière présente une taille importante qui compense son éloignement et donc… fausse tout.

« Pire », après des milliers d’années d’observations on se rendit compte que même les étoiles fixes semblent se déplacer (très lentement) sur la voûte céleste ! Ce phénomène dit de précession des équinoxes, s’explique physiquement (surtout) par les actions gravitationnelles conjuguées du Soleil et de la Lune sur la Terre. Cela obligea donc de plus en plus à considérer que l’Astronomie était à la fois une science des apparences et une science des causes invisibles. « Science des apparences » dans le sens où les astronomes commencèrent à passer leur temps à construire des modèles mathématiques cherchant à rendre compte (presque) simplement de phénomènes très complexes. « Science des causes invisibles » dans le sens où les planètes semblaient suivre des trajectoires prédéfinies par des sphères transparentes ou bien des plans divins. Il fallait ainsi « sauver les phénomènes » (c’est à dire les apparences) astronomiques qui, toujours mal modélisés par des cercles, s’éloignaient constamment des prévisions. Le moindre écart obligeait ainsi à considérer qu’il manquait quelque chose au système théorique utilisé pour prévoir les mouvements des planètes. Ce pourquoi les systèmes astronomiques se complexifièrent encore et encore.

A ce sujet j’aimerais faire remarquer qu’il n’est pas étonnant que l’astrologie aie fait de même en multipliant aussi les paramètres d’interprétation : ne faisait-elle pas que suivre l’évolution naturelle de l’astronomie vers plus de complexité et s’autoriser les mêmes solutions ? Or, si la causalité a permis de simplifier l’explication des phénomènes les plus communs, l’astrologie y ayant « échappé », à conserver cette complexité.

 

Au final, les mouvements apparents des planètes visibles paraissent donc complètement chaotiques, désordonnés dans leurs arrangements. Et du point de vue d’un observateur terrestre les planètes peuvent se trouver (selon la latitude du lieu d’observation) presque à n’importe quelle hauteur sur l’Horizon. On comprendra donc que pour les premiers observateurs du ciel non outillés mathématiquement, il était tout simplement impossible de comprendre pourquoi les planètes se trouvaient ici ou là dans leurs mouvements apparents, et pourquoi elles semblaient se positionner, puis plus tard se déplacer, de la sorte. Nous sommes alors aux balbutiements de l’Astronomie. L’observation se fait à l’œil nu, on repère certaines étoiles qui brillent plus que d’autres, certaines sont tout à coup invisibles pendant de longues périodes (pour peu que l’on n’ait pas scruté le ciel régulièrement ou que la météo ne s’y soit pas prêtée) et « réapparaissent » pour un temps. Pendant des milliers d’années, les observations du ciel se feront donc sans théorie mathématique, elles seront pleinement empiriques, c’est à dire dépendantes de nos sens, lesquels en matière d’astronomie, nous trompent presque toujours !

Serge BRET-MOREL
le 16 février 2009